LE JARDIN DE KALYNE

LE JARDIN DE KALYNE

MON TEMOIGNAGE

Marie-Christine

L'HERMITTE

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Le Témoignage

 

de ma Vie

 

 

de l'Algérie à la France
et de la guerre à la paix

 

 

 

 

 Version révisée le 15 Février 2017

 


Marie-Christine L'HERMITTE

 


LE TÉMOIGNAGE DE MA VIE

 

          Je suis issue d’une famille Algérienne, née à Oran. Je n’ai pas connue mon père qui est décédé dès les débuts du conflit Franco Algérien. Nous étions cinq enfants dont une fille adoptée. Nous vivions dans une grande pauvreté. Ma mère n’ayant plus de mari, nous a élevés tant bien que mal. Mes frères ont peu à peu quitté l’Algérie à cause de la guerre qui commençait déjà à s’intensifier dans la région d’Oran. Nous n’avions pas vraiment de maison mais nous logions dans  une misérable buanderie construite sur une terrasse au dernier étage d’un immeuble. D’autres personnes n’avaient rien pour se loger, nous, nous avions de quoi être à l’abri des intempéries.

 

           Ma mère qui très souvent, ne parvenait pas à joindre les deux bouts, nous amenait à l’Armée du Salut[1] pour obtenir quelques nourritures et des vêtements. Quelques temps plus tard, après moultes tergiversations, mes frères ont quitté le sol Algérien. Leur vie était menacée, tout d’abord, le plus âgé, ensuite les deux autres, rapatriés rapidement vers la France par leur aîné bien que le but de ce dernier était d’emmener toute la famille mais ma mère faisait de la résistance et ne voulait pas quitter son pays. Je me suis donc retrouvée seule avec elle au milieu de ce féroce  conflit.

 

             Nous allions très souvent au Poste de l’Armée du salut qui était devenu un peu notre moyen de subsistance durant une partie de cette période troublée. Cela m’a permis d’être envoyée en colonie de vacances, pris en charge et je me sentais bien et rassurée de pouvoir manger à ma faim mais aussi de faire la connaissance d’autres enfants.

 

       Petit à petit, j’évoluais dans ma tête comme dans mon cœur en faisant la connaissance de missionnaires Américains et Anglais fort sympathiques. Principalement un couple qui s’était attaché à moi et remplissait un peu le rôle de parents car, il est vrai que ma mère ne remplissait plus ce rôle depuis déjà longtemps, j’étais plutôt livrée à moi-même.

 

          Quelques temps plus tard, ma mère a eu la joie de m’annoncer que nous allions quitter cette terrasse pour un appartement, un vrai, cédé par des français fortunés très gentils qui aimaient ma mère, en contrepartie de quelques heures de ménage chez eux. Nous étions bien dans cet appartement et ma mère me faisant confiance, me laissait très souvent seule. Je pouvais donc mener ma petite vie tranquille, j’avais entre dix ou douze ans mais je faisais plus.

 

          J’occupais mon temps entre l’Armée du Salut et chez quelques missionnaires et particulièrement dans une famille que j’aimais beaucoup, la famille Aseltine, des Américains avec lesquels j’entretenais une relation d’enfant/parents puisque je le répète, ma mère s’était défaite de ce rôle en m’abandonnant et me laissant seule parfois plusieurs jours d’affilés pour aller voir des marabouts dans la campagne Oranaise. Lorsque je rentrais chez moi le soir, je me sentais vraiment triste et apeurée… Imaginez une fillette de 10-12 ans seule dans un appartement avec la crainte d’être agressée la nuit par des personnes qui la savaient toute seule et qui plus est, en période de guerre… Quand j’y pense, ma mère fut vraiment inconsciente et irresponsable dans son rôle de mère.

 

        Il m’arrivait donc de dormir chez une voisine qui m’accueillait plus par intérêt que par affection, car elle convoitait l’appartement que nous occupions car les Français qui nous l’avaient donné, avaient quitté l’Algérie par crainte d’être spolier de leurs biens et tués[2]. La plupart du temps, les biens abandonnés par les français étaient donnés aux algériens, alors, ils leur auraient été faciles de s’approprier notre appartement au  nom de la guerre… Mais Dieu veillait sur nous.

 

           Petit à petit, la situation se dégradait et je commençais à être mal vue du voisinage. Les gens savait où j’allais me ressourcer spirituellement et ils devenaient méchants avec moi. J’étais très malheureuse et je n’avais qu’une envie : Fuir…Fuir…Fuir… ! Mais pour aller où ? Je craignais de me rendre aussi souvent chez les missionnaires, à cause de représailles éventuelles. À ce moment-là, j’ai voulu crier à Dieu ma détresse, mon désarroi et quelque chose me disait que j’étais protégée et que je n’avais rien à redouter.

 


[1] Organisme de bienfaisance International qui a été contraint de quitter le sol Algérien, juste après la fin de la guerre en mars 1962.

[2] À cette époque, les Algériens ne s’étaient pas encore constitués en droit commun et institualisé en véritable gouvernement. La population n’était donc pas protégée contre les actes meurtriers d’individus assoiffés de vengeance contre les Français.

 

 

     

      La guerre arriva à son point culminant où le conflit s’était généralisé dans presque tout le pays et les gens devenaient toujours plus haineux et violents contre ceux qui semblaient se marginaliser. Se retrouver toujours toute seule dans cette situation d’insécurité m’épouvantais. Mais cela n’empêchait pas ma mère de partir, ce qui me rendait furieuse contre elle, et je ne savais pas très bien où elle se rendait à cette époque?

 

         Elle me laissait seule, cet appartement devenait au fil du temps insalubre. Les placards étaient fermés à clefs pour m’empêcher sans doute de fouiller dans ses affaires. Mais un jour, comme j’avais très faim,  je fis venir quelqu’un en qui j’avais confiance, pour casser les serrures de ces placards et voir ce qu’ils contenaient.

 

             À ma grande surprise, je découvris qu’ils étaient remplis de nourritures moisies, périmées. J’ai su beaucoup plus tard, que c’était mon frère aîné qui, de façon régulière, avait envoyé ces colis de nourritures avant que le conflit ne se durcisse et ma mère, craignant de manquer durant cette guerre, qu’elle savait inévitable, n’y avait pas touché mais les stockait dans ces placards. Je crevais de faim, alors que mon appartement était rempli de nourritures avariées, quel paradoxe !

 

        Ma chère famille spirituelle, les «Aseltine» furent expulsés, mes appuis disparaissaient petit à petit. Mon seul appui qui me restait était Dieu, ce Dieu que cette famille m’avait appris à connaître au fil des temps de liberté que Dieu leur avait donné. Ma mère était toujours absente et lorsqu’elle rentrait, c’était pour me disputer des bêtises que j’avais faites dans l’appartement, notamment les placards que j’avais cassés, là j’avais reçu la correction de ma vie avec une ceinture en cuir.

 

        Il me restait néanmoins encore deux personnes auxquelles je tenais beaucoup, deux femmes, Barbara et Murielle, une Américaine et une Anglaise qui par miracle, n’avaient pas été expulsées, elles le furent beaucoup plus tard, bien après la guerre, dans les années 80. Barbara est décédée en 1990 et Murielle vie encore sa retraite en Angleterre. Ces deux personnes m’ont très souvent accueillie pendant ces moments de détresse, en m’apportant du réconfort et de la consolation.

 

         Durant l’une de mes absences, l’appartement a été visité par le voisinage qui a découvert une Bible et des documentations spirituelles… C’est pendant cette période, que j’ai vécu les pires moments de mon existence d’adolescente. Ils me tiraient les cheveux en me traînant par terre, et ils me battaient…

 

            J’avais 13-14 ans, ma peur allait en augmentant et ma mère qui n’était jamais là pour me protéger. Dans ma tête, germait un projet, je devais fuir ce pays coûte que coûte, mais comment fuir ? Avec quels moyens ? J’avais vraiment peur pour ma vie, surtout lorsque je vis durant cette période de guerre des choses horribles !…

 

        Imaginez quel traumatisme pour une fillette, qui voit des têtes décapitées, des ossement humains que l’on met dans des linges blancs. Imaginez quel traumatisme pour une fillette qui voit des pendus !... Toutes ces choses ont trotté dans ma tête durant de nombreuses années. Ainsi, naquis en moi, au fil du temps, une haine, une rage contre ceux de ma race, prenant en dégoût jusqu’à leur culture (qui était aussi la mienne, j’avais tendance à l’oublier) et cela dura pendant de nombreuses années et me causa beaucoup de nuisances, même lorsque je devins chrétienne. Il y a seulement que quelques années que Dieu m’a délivrée de cette haine récurrente.

 

         Mais revenons encore quelques instants à cette époque où je ne pouvais plus aller à l’école, mon éducation s’était complètement figée… Cela me pesait lourdement, car je savais que cela aurait des conséquences négatives sur ma vie future. Dans le même temps, j’étais devenue une fillette très turbulente, sans pour autant faire de grosses bêtises, je ne tenais pas en place, j’étais devenue espiègle. Cependant, j’avais des idées bien arrêtées, je savais ce que je voulais et j’avais la ferme intention de ne pas m’éterniser en Algérie avec ou sans ma mère.

 

          Quelques années passèrent. On ne parlait presque plus de la guerre dans mon entourage ; mais ma situation ne s’améliorait pas pour autant, ma mère continuait à me laisser seule. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi elle partait ainsi pendant plusieurs jours! Qu’est-ce qui l’a poussait à partir… Avais-je encore de l’intérêt pour elle ? Avec le recul, je pense que oui mais, quelques chose l’attirait vers ces sorciers musulmans.

 

        Cependant, je devais continuer à vivre et puisque ma mère ne se préoccupait pas de moi. Je dû me prendre en charge et chercher du travail. J’ai donc trouvé une place chez un couple de Français «Les Grulés» qui tenait un commerce de «Sports et Camping» et chose étonnante, ces personnes n’ont pas été inquiétées pendant tout le temps du conflit.

 

        J’ai donc pu mettre de l’argent de côté, pour mener à bonne fin mon projet de quitter ce pays. Mais j’avais complètement occulté un problème de taille, j’étais mineure et je ne pouvais pas partir sans le consentement et la signature de ma mère. Mais qu’à cela ne tienne, je trouverais bien un moyen pour le contourner. Cependant, les mois défilaient et je n’arrivais pas à concrétiser ce projet.

 

        Un jour, quelque chose déclencha en moi une vive détermination. Ma mère tenta de me marier contre ma volonté, en manigançant avec une famille et quand le jour arriva où je devais être présentée à ce garçon, je m’enfermais dans une pièce et j’ai dit à ma mère que je me tuerais si elle me forçait à me marier avec quelqu’un que je n’aimais pas. Et là, elle a eu vraiment peur que je ne le fasse et elle a renvoyé cette famille qui était bien évidemment très furieuse de ce contre temps.

 

         Dès lors, je pris la ferme décision de partir d’une manière ou d’une autre, car cette mauvaise aventure, je la revivrais encore…Très certainement… De plus, mes relations avec ma mère depuis cet événement, n’étaient plus au beau fixe, le voisinage me détestait. J’ai donc pris les devants, j’achetais un billet aller-retour pour la France mais, le «Contre la montre» jouait en ma défaveur, puisque la validité du passeport que je possédais se terminait dans une semaine…

 

       Pourquoi avais-je ce passeport en ma possession? En fait, mon frère aîné, Jilali, qui avait l’intention de tous nous rapatrier en France avait pris les devants et avait demandé à ma mère d’en faire la demande pour chacun d’entre-nous, afin que nous puissions quitter l’Algérie tous ensemble. Toutefois, malgré l’établissement de ces passeports, la chose ne s’est jamais faite, à cause de ma mère qui ne voulait pas quitter son pays qu’elle aimait plus que tout.

 

     Je ne préparais aucune affaire à emporter, je partirais tel quel, avec quelque menu argent pour les frais annexes du voyage. Le jour où je devais prendre le bateau, arriva. Je racontais une salade à ma mère en lui disant : que je partais pour quelques jours, faire une colo mais comme toutes les mères, elle pressentait que quelque chose n’allait pas… J’étais malheureuse et en même temps, j’avais honte de lui mentir, en sachant que je n’étais pas près de la revoir de sitôt mais, je ne pensais qu’à partir….Partir!… Partir!… Partir ! Quitter ce pays dans lequel j’avais vu tant d’horreurs.

 

      Arrivée devant le bateau, on m’empêcha de gravir la passerelle d’accès et l’agent qui filtrait les voyageurs me demanda l’autorisation de mes parents. J’ai dû faire demi-tour avec la rage au cœur…

 

        Arrivé devant ma mère, je lui avouais tout, que je quittais l’Algérie, que je la quittais, elle et qu’elle devait me donner son autorisation pour prendre le bateau… Je me sentais soulagée. Elle me répondit que de toute façon, qu’elle l’accorde ou non, elle sait qu’un jour sa fille la quitterait comme le reste de ses frères et qu’elle ne reviendra pas, comme ses frères et qu’elle resterait seule et mourrait seule dans son pays...

 

        Ses paroles résonnent encore en moi, «Ma fille, je sais que tu me quittes pour toujours et que tu ne reviendras pas, tu feras comme tes frères, et je mourrais de chagrin». Je pleurais abondamment mais, comme un aiment  en attire un autre, je devais me diriger vers ce bateau qui me mènerait vers le port tant désiré et je devais la quitter très rapidement pour ne pas rater le départ du navire.

 

              Cependant, elle m’accompagna jusqu’à l’appontement, me serra sur son cœur en pleurant beaucoup… On attendait plus que moi, alors, je montais rapidement la passerelle et arrivée sur le pont, je ne cessais d’agiter ma main le cœur lourd de chagrin. Mes yeux restaient fixés sur celle que je ne devais revoir que deux fois durant le restant de ma vie.

 

            Le quai s’éloigna peu à peu, je restais pensive et à ce moment-là, bien que je quittais ce pays seulement avec ce que je portais sur moi, je n’étais pas très consciente qu’en revanche, j’embarquais avec moi une valise pleine de haine, de ressentiment pour ceux de ma race qui m’avaient séparée de ma famille, montré tant de cruauté, de haine, et de férocité.

 

         Je quittais ce pays en emportant une valise pleine de souffrance non extériorisées bien que ma foi en Dieu restait inébranlable. Je savais qu’il avait son œil sur moi et qu’il guidait ma vie. Ce que j’ignorais encore, c’est que j’avais à parcourir un très long chemin pour connaître la délivrance qui me libérerait de ce poids énorme que je portais depuis ma plus tendre enfance  : La haine, ma Haine personnifiée dans mon Moi intérieur.

 

         Le trajet se déroula sur une mer d’huile. La France, ce pays tant convoité que je considérais comme un pays sauveur et de liberté apparaissait au loin, l’Eldorado de tant de Maghrébins. Je savais que mes frères m’attendaient, car je les avais prévenus de mon arrivée par télégramme. J’étais donc bien entourée pour mes premiers pas sur ce sol Français. Mais bien vite, la plupart de mes frères se sont détachés de moi après avoir fait juste le nécessaire de survie sauf un seul, Michel, avec lequel, notre affection était profonde et sincère.

 

       Un juge des tutelles avec sa femme m’ont pris en charge comme leur propre fille et m’ont hébergée. C’étaient des catholiques très pratiquants. La femme voulue changer mon prénom en celui de Thérèse mais je refusais, son mari lui disait qu’elle n’avait pas à me forcer et que j’avais le droit de porter le prénom qui me plaisait. Cela dit, ces gens était très gentils avec moi.

 

        Ils m’avaient ouvert un compte de Caisse d’Épargne en y déposant une somme d’argent non négligeable. Cependant, je me sentais prisonnière et surtout, je ne voulais pas adopter leur religion. Je voulais rester dans la droite ligne de conduite que m’avaient enseignée les missionnaires Américains et Anglais. Alors, je leur ai demandé mon indépendance, ils m’ont donc trouvé un foyer de jeunes filles dans lequel je me trouvais bien. Ce juge m’avait également trouvé un travail dans une pharmacie où je commençais à prendre des cours de «préparatrice en pharmacie» ; vu mon niveau scolaire, je ne pouvais espérer plus et c’était déjà royal.

 

          Tout allait bien pour moi. Je fréquentais à ce moment-là, l’Armée du Salut et m’engageais comme soldat. Je me faisais de bons amis que je triais sur le volet, je ne voulais pas fréquenter n’importe qui. J’étais une jeune fille sérieuse, travailleuse. Cela était une évidence même pour moi, prenant conscience que j’avais tout à apprendre, tout à reconstruire en moi alors, je m’y attelais de pieds fermes. Jusqu’au jour…/

 

    .../Jusqu’au jour… Où l’un de mes frères, Marcel, entra dans ma vie avec brutalité. Il commença à m’ordonner de quitter mon travail définitivement et de vivre chez lui avec sa femme et ses enfants… Je ne me suis pas opposée, parce que c’était mon frère, bien que cela me déplaisais très fortement de tout quitter et mon Foyer et mon travail, alors que tout allait bien pour moi.

 

        Le jour même de mon arrivée chez lui, il se passa quelque chose de terrible pour moi. La nuit même de mon arrivée, il me viola. Je me suis enfui avec ma honte. J’ai appelé mon frère aîné et lui fit part de ce qui s’était passé, il m’avait assuré qu’il se chargerait lui-même de cette affaire… Je revins au foyer mais je perdis mon emploi à la pharmacie.

 

       La directrice du foyer accepta de me prendre comme aide cuisinière. Voilà encore une autre souffrance qui venait s’ajouter à celles que je portais déjà… Mais je ne me laissais pas aller, j’étais sans m’en rendre compte, une battante et je fonçais dans la vie qui se présentait devant moi, bien que les souffrances remontaient de temps à autre à la surface en différentes occasion où je pleurai beaucoup en repensant à ma mère également qui me manquait.

 

 

 

         Cependant, durant ces temps de souffrances, je me rapprochais d’avantage de Dieu, de Jésus mon Sauveur en lui apportant tous ces lourds, très lourds fardeaux au pied de la Croix. Je lui ai demandé de me guérir, de me délivrer de mes haines, de mes ressentiments, de mes colères, de mes révoltes, je lui ai demandé de venir à mon secours.

 

          Je lui ai demandé pardon pour tous mes péchés, mes mensonges. Je lui ai demandé de rentrer dans ma vie et de faire le ménage. J’ai dit oui à Jésus. Cela n’a pas été facile pour moi car tant de choses se heurtaient en moi… Mais Dieu à répondu en partie à mes requêtes.

 

            Il restait encore certaines choses qui devaient quitter ma vie par exemple, ce ressentiment, cette amertume envers ceux de ma race qui étaient encore très tenace, à tel point, que je n’étais même pas capable d’entendre un nom, un prénom arabe sans le recracher de ma tête, je fuyais tout ce qui représentait pour moi «l’arabe».

 

      En fait, j’avais un problème à pardonner. Bien plus tard, lorsque je me suis mariée, je ne me rendais pas compte que je procurais de la souffrance chez les miens et principalement, à mon mari qui ne pouvait pas saisir entièrement, toute la souffrance que j’avais endurée pendant ces longues années, et pour lui, pardonner était une évidence même, qui coulait de source, mais pas pour moi.

 

        Il aura fallu attendre encore quelques années supplémentaires, pour enfin connaître la délivrance totale et entière, pardonnez-moi ce pléonasme mais j’enfonce le clou à coups redoublés. J’ai trouvé en Jésus le vrai pardon, je devais donc également pardonner. J’ai trouvé le seul chemin qui conduit à la Vie, à la liberté, qui conduit au Père céleste, c’est Jésus et lui seul qui donne la vie et c’est lui seul qui doit être le centre de ma vie de tous les jours.

 

        Quel combat ! Quelles luttes intestines, Ce combat-là, on ne peut le mener qu’avec Jésus, sinon, c’est un combat perdu d’avance. J’ai toujours, malgré les vicissitudes de ma vie, gardé confiance en Dieu. Cette confiance, je l’ai acquise par une nourriture solide donnée par des personnes fidèles et consacrées à Dieu qui ont jalonné ma vie. Je ne les oublierai jamais, elles auront toujours droit à ma gratitude, à ma reconnaissance, à mon amour. Quelques-unes sont décédés, d’autres sont toujours en vie et ils font partis de mes bons souvenirs, ils font partie intégrante de ma vie à jamais.

 

              Dieu soit loué, béni et glorifié dans ma vie pour toujours et jusqu’à qu’il vienne nous prendre.

 

              Marie-Christine



11/08/2016
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